Philosophie, art et société
Zask Joëlle
La pluralité en jeu dans l'expérience esthétique
Pour aborder des questions relatives à la théorie de l'éducation, on voudrait d'abord préciser le cadre général
permettant d'aborder la nature de l'expérimentation, puis développer l'hypothèse d'une forte analogie entre l'interindividualité et l'interculturalité, en puisant des exemples dans le domaine des
arts plastiques. J. Dewey est ici un auteur de référence incontournable.
Si l'enseignement artistique peut apparaître comme l'emblème d'une éducation véritable, c'est parce ne peut reposer que sur l'expérience de l'élève. Dans d'autres domaines on peut « instruire »,
conditionner, laisser faire, former ou conformer, bref, créer des relations unilatérales. L'éducation proprement dite suppose au contraire une réciprocité entre un matériau proposé par un maître
et la reprise individuelle qu'en fait un élève. Cette reprise assure aussi bien l'approfondissement de l'individualité de l'élève que l'enrichissement du monde commun. Sur cette base, on montrera
qu'une expérience proprement dite (notamment l'expérience esthétique), suppose la pluralité. Cette pluralité pourra être repérée aussi bien au plan des interactions entre individualités
différentes qu'au plan des relations entre des cultures distinctes.
Joëlle Zask est maître de conférences à l'université de Provence, département de philosophie. Spécialiste du philosophe américain John Dewey et de questions d'esthétique, elle s'interesse aux conditions et pratiques de la démocratie.
Éléments de bibliographie
Zask, J. (2000). L'opinion publique et son double. Livre I, L'opinion sondée, Livre 2: J. Dewey, philosophe du public, coll. La philosophie en commun, L'harmattan.
Zask, J. (2003). Art et démocratie; peuples de l'art, PUF.
Zask, J. (2003). Le public et ses problèmes, de J. Dewey, traduction et introduction, PUP/Farrago-Leo Scheer.